Immeuble Art-déco à Casablanca

L’Art-déco à Casablanca au fil de ses quartiers

Emblématique de l’architecture de Casablanca, les quartiers art-déco de la ville sont nés à l'initiative de la représentation française lors du protectorat dans une volonté de modernisation de la ville. À l'époque, de nombreux jeunes architectes ont profité de cette belle opportunité pour afficher leur savoir-faire et mettre en oeuvre leurs idées...

Ce vent nouveau, tant sur l'urbanisation que dans les conceptions architecturales, a donné vie au coeur de Casablanca à de nouveaux quartiers construits en quelques années avec le même style : l’art-déco.

L’Art-déco, fer de lance du Casablanca moderne

Les formes et les décors deviennent géométriques, stylisés, débarrassés des ordonnances classiques et des ornementations réalistes. Les façades blanches et les volumes cubistes, les jeux d’ombres et de lumière, les décors épurés, et surtout la rencontre de l’art-déco et des arts décoratifs marocains, ont donné naissance à de purs chefs d’oeuvres d’un style arts-déco néo-marocain.

Place Mohamed V, la vitrine du style néo-marocain

C’est à l’est de la Médina que cette mémoire vivante s’observe le plus, avec, au cœur de la ville, la place Mohamed V et tous ses bâtiments publics. Style néo-marocain dit colonial, la Poste (1920), le Palais de justice (1925), Wilaya, Préfecture (1937) avec sa composition de Majorelle, la “Bank Al Maghrib”, mais aussi “la villa des arts” et l’ancienne “église du sacré coeur”, ou encore “l’ancien consulat de France”. A cela s’ajoute aussi l’ancien “Parc Lyautey” devenu “le Parc de la ligue arabe” avec ses allées de palmiers, ses fleurs et végétations exubérantes.

Quartier Anfa, l’Art Déco comme style majeur

Le quartier Anfa au nord-ouest reste quant à lui, le plus luxueux de la ville et un des principaux témoignages de l'Art-déco à Casablanca. Le Boulevard Mohammed V et ses alentours “Art nouveau” les fers forgés de la maison Marius Boyer, l’immeuble du Glaoui (1922), l’immeuble Bessoneau (1917) et l’immeuble Asayag avec son association de trois tours et ses cinq étages avec terrasses en retrait témoignent de la créativité de cette époque. Enfin les “passages du glaoui et de sumica” rappellent ceux du coeur de Paris.

Un patrimoine en péril

Casablanca est un véritable livre ouvert de toute l’histoire de l’architecture de la première moitié du XXe siècle. Malheureusement, ce fabuleux patrimoine est aujourd'hui en péril. L'association Casamémoire, qui oeuvre pour la valorisation du patrimoine du XXe siècle, a régulièrement à déplorer de nouvelle démolitions de bâtiments de cette époque alors même que Casablanca prépare sa candidature au titre du Patrimoine Mondial de l’UNESCO. "Les autorités locales doivent plus que jamais réfléchir à la gestion de leur patrimoine bâti. Les solutions ne manquent pas... La mémoire collective devrait faire partie intégrante des nouveaux projets d'équipements de la ville,", considère l'association dans son communiqué de presse du 9 juin.

Crédits photo de Une : Sandra Cohen-Rose and Colin Rose

1 comment

  1. Lafaye Répondre

    Bonjour,
    Je prépare un voyage à Casa du 24, au 28 Mai,
    Nous sommes 4 adultes,
    Nous aimerions faire une visite guidée de la ville .
    Intéressés par l’architecture, nous aimerions mettre l’accent sur l’art déco.
    Bon dimanche